mercredi 30 mars 2011

[Focus] Ra Ra Riot, la musique de chambre aux accents pop-rock

A chaque mois son [focus] sur le blog Digitives, et pour mars un article consacré à Ra Ra Riot, un groupe aux antipodes du duo détonant Sleigh Bells à la noise pop assourdissante, que nous vous présentions en février.

Wes Miles, Mathieu Santos, Alexandra Lawn,
Rebbeca Zeller, Milo Bonacc

L'aventure Ra Ra Riot débute sur les bancs de la fac de Syracuse (NY) où les membres du groupe, alors encore étudiants, se font connaître grâce à des concerts organisés au sein de leur campus. Leur particularité : jouer de la musique pop-rock en y ajoutant des instruments tels que le violoncelle et le violon.
6 mois seulement après sa création, la troupe impressionne par la qualité de ses performances live et se voit invitée à participer au CMJ, un des grands rendez-vous musicaux new-yorkais.


The Rhumb Line (2008)

Après la sortie en 2007 d'un EP éponyme, l'album The Rhumb line sera la consécration pour ce groupe désarmant de maturité. A la première écoute, leurs chansons semblent joyeuses et pleines de légèreté, or dès que l'on  se penche sur les paroles, la vérité est tout autre. Les chansons de Ra Ra Riot abordent les relations sentimentales sous un angle cynique avec pour exemple "Can You Tell" qui, loin d'être une déclaration d'amour, évoque la crainte des sentiments négatifs que peut engendrer l'amour inconditionnel.



The Orchard, 2010

Fort de son succès outre-atlantique, le groupe sort en 2010 The Orchard,  second opus de 9 morceaux mixés par Chris Walla (Death Cab From Cuties) et Rostam Batmanglij (Vampire Weekend). Le quintet nous invite cette fois-ci à une ballade estivale au plein coeur de leur verger. Avec the Orchard, les mélodies se veulent résolument plus pop et les paroles d'une sensibilité particulière.




A travers ces deux albums, Ra Ra Riot réussit alors l'impossible : nous faire fredonner des mélodies empreintes de mélancolie et d'amertume en prenant soin de nous épargner les effets secondaires.

Mélanie G.

lundi 28 mars 2011

Nouveau design, nouveau logo pour le collectif Digitives !

Le collectif Digitives est fier de vous présenter sa nouvelle identité graphique et surtout son tout nouveau logo, réalisé par Laurence Bentz, graphiste et illustratrice.




Elle a su retranscrire l'identité du collectif tout en apportant cette touche artistique si particulière qui lui est propre. Nous la remercions encore une fois pour sa gentillesse, son sens de l'écoute et son immense talent. Et pour accueillir comme il se doit son logo, le blog We are digital natives a revêtu son design de printemps, plus léger et plus aéré, en adéquation avec cette nouvelle identité visuelle !

En plus de notre compte Twitter, vous pourrez désormais nous retrouver sur Facebook et vous tenir au courant de nos dernières actualités en exclusivité. Natifs ou migrants digitaux, devenez fans du collectif Digitives sans plus attendre !

vendredi 25 mars 2011

Original Folks, la pop délicate et lumineuse

Jacques Speyser fait partie du groupe Original Folks, un quintette pop strasbourgeois en activité depuis 2005. Il nous parle de ses influences, des ambiances éthérées de ses chansons et des nombreux projets du groupe pour 2011. Le groupe se produira le 29 mai au Hall des Chars dans le cadre du festival Strasbourg-Chicago.



Vos mélodies sont très aériennes, en les écoutant on a plus l'impression de se trouver en Amérique, dans de grands espaces sauvages, baignés de la lumière du soir, qu'à Strasbourg.

Effectivement,Strasbourg ne s'impose pas forcément en écoutant cette musique. Elle est inspirée par des choses qu'on écoute, principalement des groupes anglo-saxons, autant d'Amérique que d'Angleterre. Ce sont des disques qu'on a écouté pendant des années et qui nous influencent plus, peut-être, que ce qu'on peut recevoir sur un lieu particulier.

Quels genres de disques ?

De la musique pop principalement, des années 60 jusqu'à maintenant. Les Beach Boys, les Smiths dans les années 80, Pavement dans les années 90, ou encore des artistes comme Ron Sexsmith.

Et ces ambiances anglo-saxonnes, les travaillez-vous ou viennent-elles naturellement ?

Je pense qu'elles viennent naturellement, simplement du fait d'être très fan de ce genre de musique, et de l'idée, ou plutôt de l'envie de perpétuer ça. Sans avoir la prétention d'amener quelque chose de neuf, l'idée est plutôt de perpétuer un genre qui me plaît énormément, et me parle intimement. C'est s'inscrire, non pas dans une tradition, mais dans des choses qu'on apprécie, simplement.

Common Use, le premier album d'Original Folks, est sorti en 2009, un successeur serait-il sur les rails pour 2011 ?

Oui, un deuxième album est en cours. On a commencé à l'enregistrer il y a un certain temps. On le prépare, doucement mais sûrement, et il sortira, on l'espère, avant la fin de l'année 2011.

D'autres projets pour 2011 ?

Une tournée qui s'annonce juste avant le printemps. On va jouer avec Roméo & Sarah et A Second of June du label Herzfeld à Paris, Brest, Rennes et Mulhouse pendant une semaine.

Mais l'actualité principale, même si elle s'inscrit sur la durée, c'est la préparation de cet album. Pour moi, l'important est l'objet-disque. Je suis moins friand de concerts, je suis attaché à l'objet et à ce qu'on en fait intimement. Même si, avec le temps, en se connaissant beaucoup mieux - car il s'est passé des années entre le premier album et celui qu'on est en train de préparer, et nous avons beaucoup répété ensemble - , je pense qu'il y a quelque chose qui s'est passé, à la fois humainement et musicalement. On se sent plus à l'aise. Nous avons aussi une direction peut-être un peu plus pop, plus emportée. Je pense qu'on aspire plus à ça actuellement. Le tempo est plus soutenu, avec plus de légèreté dans les mélodies et dans l'interprétation.

Quel est l'apport de la dynamique de groupe dans Original Folks, par rapport aux projets plus personnels qui vous aviez mené jusque là ?

Pour moi c'était assez neuf, même si j'avais déjà fait des groupes auparavant, je n'amenais pas de chansons. Original Folks est un groupe que j'ai initié avec des amis. Je me retrouvais pour la première fois en situation de groupe, véritablement, avec mes chansons. D'habitude je tiens beaucoup à faire les choses de manière très carrée, à ce que ce soit très en place, mais dans le groupe on apprend à se lâcher. Tout le monde amène quelque chose, ce qui donne une identité collective intéressante et très enrichissante. En faisant les choses tout seul on se met des barrières, là il y a beaucoup de choses qui s'ouvrent.

L'influence des projets individuels des autres membres du groupe (Roméo & Sarah, Unfair to facts...) se fait-elle ressentir ?

Oui, pratiquement tout le monde a un autre groupe avec ses propres compositions, et effectivement on en ressent les effets. Au fur et à mesure que certains s'affirment, ils influencent d'avantage nos compositions. Ce que chacun ressent et a envie de faire, il essaie de l'amener dans le groupe. Pas en forçant les choses, ça se fait assez naturellement, mais les sons peuvent être amenés à changer en fonction des recherches de chacun.

Comment cela se traduit-il ?

Il y a plusieurs phases. J'amène une chanson qui est plus ou moins définie et dont la structure est plus ou moins claire et arrêtée, et ensuite tout ça évolue au gré des répétitions et de l'apport de chacun, puisque chacun va interpréter la chansons à sa manière, va l'entendre à sa façon. Tout ça finit par se faire collectivement et pas de manière individuelle. Mais cela ne se traduit qu'en musique. Les paroles, c'est la dernière étape, la plupart du temps je ne les fais qu'avant d'enregistrer les chansons. Avant on fait beaucoup de concerts, sans paroles.


C'est cette dimension d'échange qui vous a attiré dans le projet Strasbourg-Chicago ?

J'ai vu la première édition du festival, avec la dernière soirée où tout le monde jouait ensemble. C'est quelque chose d'assez appréciable, quelque chose qu'on connaît par ailleurs avec le Herzfeld Orchestra où tout le monde se rejoint de manière ponctuelle. Et ce principe à l'occasion du festival peut être vraiment sympa. Je pense que ça peut donner une dynamique, quelque chose d'assez particulier qui est lié à une période donnée, à des humeurs particulières, ce qu'on vit à ce moment là, et la rencontre de gens. C'est forcément intéressant.


Une interview du collectif Digitives, avec Audrey Canalès 


Retrouvez le podcast de cette interview sur le site du festival Strasbourg-Chicago, et en écoute sur la playlist Digitives. Pour plus d'information sur le groupe Original Folks, consultez leur page facebook et le site du label Herzfeld.

mercredi 23 mars 2011

Les trois étapes incontournables pour trouver la typo idéale

Première étape : trouver la bonne police


On ne le présente plus, DaFont reste le site incontournable pour trouver la police dont vous rêvez.

Grâce à un catalogue recensant plus de 12 000 typos téléchargeables pour la plupart gratuitement, se procurer une police devient alors un jeu d'enfant. L'un des points forts du site est le classement par thématique, optimisant vos chances de trouver la bonne police.




Pour ceux qui n'auraient pas trouvé leur bonheur avec DaFont, d'autres sites similaires sont disponibles :

Abstractdafont : ce site offre un catalogue de 13 000 polices avec un système de notation permettant de s'informer sur les modèles les plus plébiscités.
Acidfonts : des milliers de polices sont également téléchargeables gratuitement sur ce site qui se démarque par un design plus épuré et une présentation moins anarchique.
Modern life : se destine aux passionnés du web 2.0 qui pourront retrouver les polices des sites "social media" les plus emblématiques et ainsi s'en inspirer.

Outre les catalogues en ligne, il vous est surement déjà arrivé de croiser une police sur un site web et de vous arracher les cheveux pour trouver son nom. Whatthefont met un terme à votre frustration en vous permettant d'uploader un fichier ou de spécifier l'url du site qui a retenu votre attention.

Deuxième étape : tester sa police


On observe souvent une incompatibilité entre la sélection et l'intégration de la police au sein de son site web. Il est en effet difficile d'anticiper le rendu qu'aura une typo avec le seul aperçu proposé par le catalogue en ligne. Le site Typetester s'avère très utile lors de votre phase d'intégration car il permet de comparer simultanément jusqu'à trois polices différentes sur un même écran avec la possibilité de leur appliquer divers attributs (couleur, espacement etc). Une fois votre sélection définie, le code css peut être généré depuis le site.


Troisième étape : rester à l’affût des dernières tendances

On le sait, les tendances web se succèdent à une vitesse folle engendrant par conséquent un travail de veille inéluctable pour tout utilisateur qui souhaiterait rester à la page. Le blog Ilovetypography, comme son nom l'indique est consacré exclusivement à la typographie et fait figure de référence dans le milieu du webdesign. Mis à jour quotidiennement, le site décrypte les dernières tendances en matière de police. A conserver précieusement dans vos favoris !


Si au terme de cet article, vous êtes toujours "sans police fixe", le collectif Digitives a la solution ultime : "So you need a typeface" un graphique ingénieux réalisé par Julian Hansel, qui vous permettra à coup sûr d'identifier votre police idéale.

cliquez sur l'image pour voir la version originale

Et en bonus, "FontFace" une vidéo très réussie sur le thème de la typographie réalisée par le studio Atipo



Stéphanie M.

lundi 21 mars 2011

Test utilisateurs : pourquoi ? comment ?

Au cours de cette étape décisive qu'est l'optimisation d'un site internet, les ergonomes ont souvent recours a un outil extrêmement utile et performant : le test utilisateur, également appelé test d'utilisabilité. En effet, confronter un site internet à une utilisation "réelle", réalisée par des personnes extérieures au projet, peut être une étape décisive dans l'étude de l'ergonomie et de l'utilisabilité de ce site. Elle peut soit confirmer, soit infirmer les décisions prises au sujet de l'arborescence, du contenu ou du design.


Qu'est-ce qu'un test utilisateur ?

Un test utilisateur consiste à mettre en scène de la manière la plus réaliste possible l'utilisation d'un site internet par un groupe de personnes choisies pour leur ressemblance avec vos "internautes-types". La mise en oeuvre d'un test utilisateur requiert un logiciel d'enregistrement de l'écran afin de pouvoir revenir sur les actions des testeurs, et, en fonction du besoin, de matériel d'enregistrement (caméra, micros...) ou d'un logiciel d'eye-tracking pour étudier le comportement visuel d'un utilisateur sur la page.


Pourquoi mettre en place un test utilisateur ?

Le test utilisateur permet d'identifier les éventuels problèmes de votre site avant son lancement : c'est un gain de temps et d'argent. Dans le cas d'un site pré-existant, il peut vous permettre d'améliorer votre taux de transformation.

Faire appel à un public externe est essentiel à un certain stade du projet, car l'équipe qui travaille sur le site est bien trop impliquée pour avoir un avis objectif et se défaire des habitudes déjà acquises sur ce futur site.


Comment procéder ?

  • Avant le test :

Identifiez votre cible pour constituer un échantillonnage efficace de participants. Selon Jakob Nielsen, le grand spécialiste mondial de l'ergonomie, 5 utilisateurs suffisent à soulever 80% des problèmes d'un site internet. D'autres spécialistes s'accordent à dire qu'il est préférable d'avoir recours à un groupe de 8 à 10 personnes. Ce critère est laissé libre à l'appréciation de chacun, pour des raisons évidentes de budget. Cependant, il semble préférable de morceler le test en réalisant plusieurs tests espacés, à différentes étapes de la conception du site, et en procédant à des corrections entre chaque test. Dans le cas d'une refonte, il est intéressant d'inclure au panel de testeurs des utilisateurs familiers du précédent site afin d'étudier leur capacité d'adaptation à la nouvelle interface.

Établissez ensuite un plan de test "standard", en fonction des objectifs de votre site : trouver facilement et rapidement le formulaire de demande de devis, trouver le prix d'un article sans avoir à l'ajouter au panier... Ce plan de test comporte une liste de tâches à effectuer, des point-clés, des scénarios d'utilisation, des questions... Attention cependant à ne pas fixer un cadre de test trop strict. Chaque utilisateur a ses habitudes, et ce n'est pas parce qu'il ne passera pas par l'endroit exact où vous souhaitez qu'il passe que le test en sera raté.

Il est très important de mettre les utilisateurs en confiance dès le début du test, en leur expliquant que ce ne sont pas eux qui sont testés, mais bien le site internet. Au contraire, signifiez-leur que leurs erreurs, loin d'être gênantes, sont très utiles car révélatrices des erreurs de conception du site (et pas de l'utilisateur). Présentez-leur le site et laissez-leur quelques instants afin qu'ils puissent se familiariser avec l'outil (sauf si cela devait entrer en conflit avec le protocole de test). Veillez à commencer le test avec des tâches faciles à réaliser, cela permettra aux utilisateurs de découvrir le site et de se détendre.


  • Au cours du test :

L'observateur prend note des erreurs, des hésitations, des incompréhensions et de toutes les difficultés que les utilisateurs rencontrent, du nombre de clics nécessaires à la réalisation d'une tâche ainsi que de la rapiditité avec laquelle ils effectuent les tâches requises. Il est également essentiel de recueillir leurs impressions au cours du test, et notamment leur degré de satisfaction, un critère signifiant de l'utilisabilité d'un site. Incitez-les à verbaliser leurs actions. En cas de problème, n'hésitez pas à lui demander son avis sur les améliorations possibles, cela peut s'avérer extrêmement instructif. Évitez cependant de leur venir en aide au cours du test, car leur comportement doit être le plus proche possible d'un comportement typique. La phase de test ne doit pas être trop longue, afin que la concentration du panel d'utilisateurs ne se relâche pas. Il est préférable d'introduire des instants de pauses si le test devait durer plus d'une heure.

  • Après le test :

Toutes les données recueillies vont ensuite être confrontées à des objectifs d'utilisabilité (quel pourcentage d'erreur est acceptable ? Les tâches sont-elles effectuées plus vite ou moins vite que sur l'ancien site...) et analysées. La satisfaction des utilisateurs sera également étudiée et prise en compte dans le processus décisionnel. En fonction de la marge d'erreur acceptable, des recommandations seront émises par l'ergonome afin de procéder à des aménagements, ou, dans le pire des cas, à une refonte complète.


Le test utilisateur représente un engagement certain en termes de temps et d'argent, mais c'est un élément fondamental dans la conduite d'un projet. Si vous n'avez pas les moyens de faire appel à un professionnel, il vous est tout de même possible de réfléchir vous-même à un protocole de test simplifié, que vous pourrez soumettre à un groupe de collègues ou d'amis extérieur au projet.

Stéphanie M.