lundi 26 janvier 2015

Be My Eyes, l'application danoise qui attire tous les regards

 A l'honneur cette semaine, Be My Eyes, une application basée sur le crowdsourcing venant en aide aux personnes souffrant de déficience visuelle. Le concept ? Repenser l'accessibilité en mettant en relation voyants et mal-voyants par le biais de leur smartphone.


A qui s'adresser en situation de mobilité ou quand on est seul chez soi, sans avoir peur de déranger ? Une question que se posent quotidiennement nombre de mal-voyants et non-voyants.

Hans Jorgen Wiberg, lui-même déficient visuel, a souhaiter remédier à ce problème en proposant une application altruiste et universelle. Développée au Danemark en collaboration avec l'agence web Robocat, l'application Be My Eyes permet à des personnes volontaires et bénévoles d'aider les mal-voyants et non-voyants par le biais de la visioconférence.


Ainsi toute personne ayant du mal à se repérer dans l'espace peut désormais solliciter l'aide de la communauté en pleine rue et se laisser guider par son interlocuteur le suivant pas à pas grâce à la caméra et le micro de son smartphone. Il en va de même avec les petits tracas de la vie quotidienne comme la date de péremption d'un emballage impossible à déchiffrer pour un mal-voyant, obstacle désormais surmontable grâce à l'intervention spontanée d'un membre de la communauté Be My Eyes.

Le fonctionnement 

Pour participer à l'expérience Be My Eyes, il suffit de télécharger gratuitement l'application qui vous demandera dans un premier temps d'indiquer si vous êtes voyant ou non.  Mention spéciale pour la vidéo qui se lance tout de suite après, afin de présenter à l'utilisateur le fonctionnement de l'application :



Enfin, l'application vous invite à vous inscrire (via facebook ou par email) pour pouvoir rejoindre la communauté et offrir votre aide.

Vous serez alors susceptible de recevoir un appel video d'une personne souffrant de déficience visuelle et ayant besoin d'aide. Vous pouvez accepter ou décliner l'appel, selon votre disponibilité, la demande sera transférée automatiquement vers un autre membre de la communauté en cas de refus.


Une touche de gamification a été apportée à cette application permettant aux volontaires de cumuler des points dès lors qu'ils sont venus en aide à quelqu'un. Un indicateur également utile pour rassurer les utilisateurs sur la fiabilité de leur interlocuteur.

Une application à but non-lucratif et financée entièrement grâce à des dons qui mérite d'être saluée tant pour son concept novateur que pour son interface graphique, simple et intuitive.

A l'heure où nous écrivons cet article, Be My Eyes compte plus de 80 000 personnes voyantes et plus de 6 000 déficients visuels. Pour ceux qui souhaiteraient rejoindre la communauté, l'application est téléchargeable gratuitement sur l'app store et devrait prochainement sortir sur Android.

lundi 19 janvier 2015

Electric Objects, quand l'art connecté s'invite chez vous

Qui n'a jamais rêvé pouvoir changer le décor et l'ambiance de son intérieur en un claquement de doigts ? La start-up new-yorkaise Electric Objects semble pouvoir exaucer ce vœu en métamorphosant vos murs avec ses tableaux connectés.


Un concept ambitieux que l'on doit à Jack Levine, ancien manager de chez Digg et désormais CEO d'Electric Objects : une start-up qui vient contredire l'idée qu'Internet est un lieu impersonnel et déshumanisé. Souhaitant offrir une expérience plus tangible et intimiste, Jack Levine a eu l'idée d'exposer sur nos murs ce qu'il y a de plus beau sur la toile. Une volonté traduite par l'invention d'un écran connecté baptisé EO1.



A première vue, l'objet laisse penser à un simple cadre numérique ou encore à une smart TV.  Une comparaison hâtive puisque outre son écran, l'appareil se rapproche davantage du classique ordinateur de bureau que nous utilisons quotidiennement. En effet, l'écran 23 pouces full HD et anti-reflet compte également dans ses caractéristiques techniques, un processeur dual-core, des cartes graphiques accélératrices 2D et 3D, ou encore des capteurs intégrés.

Des composants que l'on a l'habitude de retrouver dans un pc, à la différence, que celui-ci a été conçu pour un usage strictement "passif". Il ne s'agit pas ici d'un simple produit de consommation que l'on utilise et éteint dès lors qu'on ne s'en sert plus, mais plutôt d'un objet faisant partie intégrante de notre vie, capable de se fondre parfaitement au sein de nos environnements de vie et de travail.


"Les gens rêvent d'un ordinateur qui ne solliciterait pas leur attention. Un appareil les laissant librement contempler la beauté des œuvres de l'esprit présentes sur Internet sans ce besoin constant d'interagir, de retweeter, de liker ou de mettre en "favori".
- Jack Levine

Ainsi, le logiciel présent dans E01 est un navigateur dépourvu de toute interface utilisateur. Nul onglet ou barre de recherche, Levine a souhaité restreindre au maximum ses fonctionnalités. Pour donner vie à leur écran, les heureux détenteurs de l'EO1 doivent se rendre sur le site d'Electric Objects pour se créer un compte et faire leur choix au sein d'une galerie d'art numérique. Une fois l'oeuvre sélectionnée, un simple clic sur un bouton et l'écran se transforme en tableau autant de temps que l'utilisateur le souhaitera.


Il pourra ensuite télécharger l'application (android ou iOS) et changer l'oeuvre via wifi à tout moment grâce à son smartphone. Ce dernier pourra par ailleurs choisir d'afficher une image statique, un GIF ou encore une animation javascript.

Et le prix dans tout ça ?

Après avoir réussi à lever cet été plus de 700 000 $ sur Kickstarter avec pour objectif initial 25 000 $, le E01 séduit incontestablement les foules et est désormais disponible sur le site officiel à partir de 399 $. Certains trouveront l'objet trop "gadget" et onéreux, d'autres moins cher que de changer sa déco avec en prime les frais d'encadrement.

Jack Levine, a dans tous les cas réussi le pari de proposer un objet résolument moderne et en phase avec le caractère versatile de notre époque.

jeudi 15 janvier 2015

Playlist de janvier

  1. Baxter Dury - Pleasure
  2. Lucius - Hey, Doreen
  3. First Aid Kit - Stay Gold
  4. Beaty Heart - Banana Bread
  5. Beat Connection - Another Go Round
  6. JUNGLE - Time
  7. Karen O., Ezra Koenig - The Moon Song
  8. The Dodos - Horny Hippies
  9. Ásgeir - King and Cross
  10. Fink - Pilgrim
  11. Maus Haus - Hey Jean
  12. Chet Faker - Cigarettes and Loneliness
Playlist #45 by Digitives on Grooveshark

mardi 23 décembre 2014

Top 10 des plus belles pochettes d'albums de l'année 2014

Pour la quatrième année consécutive, découvrez la sélection Digitives des plus belles couvertures d'album de l'année. En plus du visuel, nous vous dévoilons les coulisses et secrets de fabrication de ces pochettes devenues désormais incontournables.

# 1

Artiste : Chet Faker
Titre : Built On Glass
Artwork : Tin & Ed

















Pour son premier album, l’australien Nicholas James Murphy, officiant sous le nom de scène Chet Faker, n’a rien laissé au hasard. Encensé par la critique, “Built on Glass” est le fruit du mariage réussi entre musique électro minimaliste et influences issues de la soul et de la folk.
Un minimalisme que l’on retrouve d’ailleurs dans la direction artistique signée Tin & Ed. Le duo a souhaité travailler sur la coexistence de la force et de la fragilité, deux thèmes centraux de l’album “Built on Glass”, matérialisée à travers une série de natures mortes comme cette main sur la pochette de l’album, portant les stigmates d’un passé douloureux. Élu meilleur artwork 2014 aux Aria Awards, cette cover restera incontestablement gravée dans les esprits.

# 2

Artiste : Afghan Whigs
Titre : do to the beast
Artwork : Amanda Demme

















Après 16 ans d’absence, le groupe de rock alternatif américain revient sur le devant de la scène avec “Do to the Beast”, son 7e opus. Un retour synonyme de changement : nouveaux membres, nouveaux arrangements musicaux et une pochette d’album au visuel percutant.
Pour la réalisation de l’artwork, le chanteur d’Afghan Whigs, Greg Dulli, a souhaité mettre à l’honneur le travail d’une amie de longue date : la photographe américaine Amanda Demme en choisissant un de ses portraits en noir et blanc. L’artiste n’a jamais souhaité livrer d’explications sur son oeuvre, Greg Dulli a lui été attiré par la  violence qui se dégage de cette photo laissant penser à une explosion.

# 3

Artiste : Foster The People
Titre : Supermodel
Artwork : Young & Sick

















La couverture de Supermodel a été réalisée par Young & Sick, un véritable labo d'art qui donne autant dans l'illustration et le design que dans la musique et la mode. Déjà sollicité par le groupe pour leur premier album (Torches, 2011), Foster The People a cette année vu les choses en grand.

crédits : howard-f

En effet, en lieu et place du teasing habituel, le groupe a utilisé l'artwork du disque pour créer une impressionnante fresque de plus de 30m sur les murs de Los Angeles. Le street artist californien Daniel Lahoda a accompli ce travail titanesque du 29 décembre 2013 au 9 janvier 2014.
Découvrez le time-lapse de la création de cette fresque.


# 4 

Artiste : Spoon
Titre : They Want My Soul
Artwork : Todd Baxter

















Pour son 8e album, le groupe de rock américain Spoon nous fait remonter le temps avec une identité visuelle basée sur un thriller psychologique tout droit sorti des années 70.
Une idée originale que l’on doit au photographe Todd Baxter qui, loin de se cantonner à la réalisation de l'artwork, a proposé tout un univers pour “They want my soul” avec une série photographique et un clip pour le single “Inside Out” aux allures de science-fiction. 


# 5

Artiste : Karen O
Titre : Crush Songs
Artwork : Karen O

















L'année 2014, ou la consécration pour la chanteuse des Yeah Yeah Yeahs ? Elle co-écrit un titre avec Spike Jonze pour la BO du film Her, 'The Moon Song' qui sera même nommé aux Oscars. Puis vient son album 'Crush Songs' qui parle d'amour et du passé. Les chansons n'avaient pas pour vocation de sortir sur un album. Écrites en 2007 dans l'intimité de son appartement New-Yorkais, elles sont une invitation à remonter le temps, celui où la chanteuse pensait ne plus jamais pouvoir tomber amoureuse suite à une rupture douloureuse qui aura notamment inspiré le titre poignant : “Maps”.



A l'image de l'artwork au stylo bic, le disque est livré avec des anciennes notes, témoins d'un passé que la chanteuse semble enfin assumer.


# 6 

Artiste : Eagulls
Titre : Eagulls
Artwork : Andy Jones

















Le photographe Andy Jones a réussi le pari de faire vivre l'artwork du groupe anglais Eagulls (déjà sollicité pour les singles de l'album éponyme). La recette miracle serait d'appartenir au même courant : le brit punk.


En feuilletant le portfolio du photographe, on y découvre des clichés captant les délires de notre décennie, sans instagram mais dans une ambiance plus punk-polaroïd.
Une voiture brûlée au milieu d'une cité déserte, comme un appel à l'aide, un cri de révolte au pays de la couronne : le punk n'est pas mort.


# 7

Artiste : The Twilight Sad
Titre : Nobody wants to be here and nobody wants to leave
Artwork : DLT Design
















Pour son nouvel album, le groupe de rock écossais “The Twilight Sad” poursuit sa collaboration avec DLT Design, illustrateur attitré du label Fat Cat Record. Le groupe semble avoir trouvé l’interlocuteur priviliégié, capable de traduire au mieux ses chansons en images. 


Contrairement à  “Fourteen Autumn & Fifteen Winters”, leur précedent opus, l’identité du nouvel album de the Twilight Sad se veut beaucoup plus lugubre et mélancolique, en accord avec ses chansons telles que “Sometimes I Wished I Could Fall Asleep” ou encore “Never Was The Same”.


# 8

Artiste : Interpol
Titre : El Pintor
Artwork : David Calderley - Graphic Therapy

















Au-delà de l’idée astucieuse de l’anagramme comme titre d’album, le groupe de rock qu’on ne présente plus, a souhaité mettre en valeur la sonorité et l'harmonie de ces deux mots ainsi que leur complémentarité avec l’image de fond. C’est à partir d’études de mains datant des années 30 que le designer graphique David Calderley a créé l’artwork d’’El Pintor” en ajoutant au passage une couleur supplémentaire à la signature visuelle du groupe symbolisée par l’alliance du rouge et du noir.

Shepard Fairey, "Eveything is wrong" (Brooklyn, 2014)

Autre temps fort pour “El Pintor”, la réalisation d’une fresque pour le single “Everything Is Wrong” par le street artist Shepard Fairey reprenant les éléments clés de l’artwork principal avec la présence des mains et d'anagrammes.

# 9

Artiste : The Drums
Titre : Encyclopedia
Artwork : Dom Smith

















Avec “Encyclopedia”, The Drums annonce la couleur dès la pochette de l’album avec une composition réduite au tandem Jonathan Pierce et Jacob Graham. Ces anciens membres, que le duo considèrent désormais comme des fantômes du passé, sont représentés par des places inoccupées sur un canapé. Loin d’être un détail, cette réduction d’effectif immortalisée par Dom Smith, a permis aux deux comparses de retrouver leur liberté artistique d’antan. Une série de symboles vient apporter une touche de légèreté à cette ambiance pesante, chacun représentant une chanson de l’album, le microscope, par exemple, pour la chanson “Let Me See Who You Are”.


# 10 

Artiste : Temples
Titre : Sun Structures
Artwork : Abbie Stephens, Zoë Maxwell (photo) / Thomas Caslin (design)
















Originaire de Kettering dans le Northamptonshire, les membres du groupe Temples sont des adeptes assumés du homemade côté production, ils prouvent une fois de plus leur attachement à leur bourgade en posant "local" pour la pochette du disque. Ce cliché présente un bâtiment "The Triangular Lodge" qualifié de délire architectural, datant du XVIe siècle, à Kettering. Cette bâtisse regorge de références au chiffre 3, pour la Sainte Trinité que l'on retrouve à maintes reprises tout autour du monument.

crédits : Skyscan Aerial Photolibrary

Fondée par Sir Thomas Tresham entre 1593 et 1597, le Triangular Lodge fait figure d'OVNI dans le paysage architectural anglais, à l'image de Temples dans celui de la musique.

Et vous, quel est votre artwork préféré ?