vendredi 6 avril 2012

Manuel Etienne, la liberté de jouer avec les mots

Manuel Etienne, accompagné de ses musiciens Fabien Pilard, David L'huillier et Nathan Symes, nous parle de son nouvel album, Details (en écoute sur la page Bandcamp du groupe), aux accents pop et variété lo-fi. Entre métaphores aquatiques et cinématographiques, il nous parle de ses chansons et des génériques qui ont bercé son enfance.



C'est la première fois que tu sors un album sous ton vrai nom, Manuel Etienne, pourquoi ?
Avant je m'appelais Manöx, parce que j'avais un peu peur de mon nom. J'ai refait quelques maquettes il y a 3 ou 4 ans, et j'ai fait écouter ça à ma grand-mère, qui m'a dit "mais pourquoi tu utilises toujours des noms stupides pour signer tes chansons ? Tu t'appelles Manuel Etienne, c'est pas trop pourri comme nom". Alors pour lui faire plaisir, je lui ai dit que je ferai des chansons sous le nom de Manuel Etienne. J'ai écrit cette chanson, Vague à l'âme, on l'a enregistrée avec Samuel Ramon des Toxic Kiss, je l'ai postée sur le net, signée Manuel Etienne, et c'est de là que tout est parti. Sur trois ans, j'ai écrit toutes les autres chansons. J'ai fait des prises avec Nathan, à Strasbourg, j'en ai fait d'autres à Paris et à Nancy, et ça a fait l'album Details.

Sur cet album, on note une alternance entre chanson en anglais et en français, comment fais-tu pour réussir un tel équilibre ?
J'ai presque toujours écrit en anglais, mais je maîtrise très mal cette langue. Je me servais du vocabulaire que je pouvais croiser dans les chansons des groupes que j'aime, Bowie, Dylan, etc. A force de chanter les chansons des autres, ça m'est venu naturellement. Il y a eu un moment où j'avais envie de dire des choses, mais je pouvais pas le faire en anglais. Ça ne sonnait pas pareil, et j'en étais incapable, notamment pour Vague à l'âme et Les matins liquides. Quand je commence une chanson, et je me dis "celle-là je la vois en anglais, celle-là en français". Et là je me suis retrouvé avec 6 chansons en anglais, 6 chansons en français.

Est-ce que tu écris des choses différentes selon la langue ?
C'est forcément plus maîtrisé en français, mais ça part de la même intention. En français j'ai plus de liberté pour jouer avec les mots.

D'une langue à l'autre on note aussi un changement d'ambiance...
Les morceaux en anglais sont plus pop, avec plus de mélodie que les morceaux en français, mais ça, ça va changer !

On a également remarqué une chanson instrumentale, et dans les autres chansons, de nombreux passages instrumentaux. Est-ce que cela vient d’une volonté de créer des respirations sur l’album ?
Oui, ça vient du fait que j'écoute beaucoup de musique instrumentale et de musique de films. Je suis un grand amateur de cinéma, et je voulais donner ce côté un peu cinématographique à l'album, et effectivement créer des respirations.


La métaphore du liquide est une constante dans de nombreuses chansons, quelle en est la symbolique ?
C'est parce que je sais pas nager ! Non, les Matins Liquides par exemple c'est une chanson que j'ai composé dans mon bain. Je suis parti de la musique, comme toujours, et je me suis dit que j'allais parler des choses auxquelles je pense quand je suis dans mon bain. Je ne sais pas s'il y a d'autres clins d’œil au liquide sur l'album...

Il y a Vague à l'âme...
Manuel : Ah Vague à l'âme oui, je n'y avais pas pensé.

David : Et Flood in your panties !

Manuel : Oui ! Il y a bien une histoire de liquide !

Vous partagez les mêmes influences au sein du groupe ?
Manuel : On a la chance d'en partager beaucoup.

Nathan : C'est important pour pouvoir se comprendre, dans l'esthétique du groupe au moins.

Manuel : Je pense que ça peut être intéressant que dans un groupe les gens n'écoutent pas les mêmes choses. Mais là ce n'est pas trop le cas.

David : On n’écoute pas forcément les mêmes choses au même moment. Après on a tous nos trucs inavouables...

Alors justement, parlez-nous de ces airs inavouables que vous écoutez.
Manuel : Moi il peut m'arriver de chanter du Balavoine. Pas L'Aziza, mais Lipstick Polychrome oui. J'ai toujours aimé la variété. Balavoine par exemple, j'aime peut-être deux chansons, mais ces deux chansons-là je les aime vraiment. Je les ai souvent dans la tête. Mais j'ai aussi souvent Je n'aurai pas le temps. Et ça j'aime pas. Souvent on a dans la tête les chansons qu'on a pas envie d'avoir dans la tête.

David : Il y en a tellement...

Fabien : C'est une bible des chansons inavouables. Le pire c'est qu'il les connaît par coeur. C'est perturbant...

David : Je n'ai pas eu une éducation musicale très variée, donc j'ai plein de trucs qui sont restés. Je n'en veux pas mais ils sont là. Donc j'en fait profiter mes amis.

Manuel : Moi j'aime bien le générique des Moomins, ça aussi je le siffle souvent. Les génériques, on s'en est bouffé quand on était petits et ça reste. Souvent à la fin d'une compo, je me dis que ça me fait penser à un truc, mais je ne sais pas à quoi. Et c'est une pub pour un dentifrice...




Retrouvez Manuel Etienne le 8 mai au Réseau à Nancy, le 29 juin à Paris au festival de la Ferme électrique, et bien sûr le 1er juin à la Laiterie dans le cadre du festival Strasbourg-Chicago. Vous pouvez également visionner cette interview sur le profil Viméo du festival.

Digitives

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