vendredi 16 septembre 2011

[Street Art] Shepard Fairey, la propagande bicolore

Maintenant que vous êtes incollables sur l'histoire du street-art, le collectif Digitives vous propose aujourd'hui  de découvrir Shepard Fairey, un des pères fondateurs de ce mouvement, dont les oeuvres longtemps considérées comme pur acte de vandalisme s'arrachent désormais à prix d'or. 

Frank Shepard Fairey

"André The Giant has a Posse"

L’histoire commence à la fin des années 80 quand Shepard Fairey, alors étudiant en école de design à Rhode Island, décide de créer des stickers et affiches à l’effigie d’André Roussimoff mieux connu sous le nom d’André The Giant un catcheur alors égérie d’une pub pour une marque de sport diffusée dans la presse. Shepard reprend le portrait de cette gueule cassée et la surnomme "André the Giant has a Posse" (André le Géant a une bande de potes) en s’inspirant des codes de la contre-culture hip-hop américaine et de la communauté de skaters. Très rapidement, ce visuel se propage dans les villes de la côte est des Etats-Unis en parfaite clandestiné. Tout le monde s’interroge alors sur l’identité et le message véhiculé par ce mystérieux portrait. Mission accomplie pour l'artiste ne cherchant qu'à susciter intérêt et contemplation.

Mais en 1998, un évènement va venir changer en profondeur la démarche artistique de Fairey : la marque de sport à l'origine de la pub représentant le désormais célèbre catcheur entame des poursuites à l'encontre de l'artiste. Shepard Fairey décide alors de retravailler le visuel en lui associant un message percutant. "André The Giant" devient "Obey Giant", label et marque de fabrique qui scelleront le succès de sa propagande urbaine. 


"Obey Propaganda"

Fort de cette nouvelle identité, Shepard Fairey choisi cette fois-ci de coloriser la côte Ouest américaine avec pour ville de prédilection Los Angeles. Inspiré par le film de science-fiction "They live" mettant en scène un univers où les masses sont soumises à une dictature invisible, Fairey décide de lancer sa propre propagande urbaine. Loin de toute connotation sinistre, la propagande de Shepard Fairey se veut positive, invitant les passants à changer leur regard sur la société. Autre influence clé qui a façonné le style de l'artiste, le slogan "The medium is the message" de McLuhan exhortant l'artiste à diversifier les supports de ses oeuvres. Collages, pochoirs, peintures murales, Fairey brille par sa créativité et se fait rapidement connaître pour ses installations aux dimensions astronomiques.

Bibliothèque située à West Hollywood (2011)
Toutefois, les oeuvres de Fairey se veulent minimalistes, particulièrement pour leur palette de couleurs utilisées. Plus jeune, l'artiste souvent fauché, devait se cantonner à une ou deux couleurs pour limiter le coût des impressions. L'alliance du rouge et du noir s'est vite imposée à Fairey, soucieux de vouloir marquer les esprit avec des visuels accrocheurs. Depuis cette époque, l'artiste n'a pas changé d'harmonie jouant sur l'effet de collage pour sublimer ses réalisations.

"Hope"

2008 sera incontestablement l'année de la consécration pour Shepard Fairey avec la création d'une affiche qui a changé une partie de l'histoire américaine. Initialement baptisée "Progress", l'oeuvre représentant le candidat à la présidentielle Obama a vu son nom changer sur demande de l'équipe de campagne du candidat. Arborant le message "Hope", l'affiche fait très vite le tour du monde et des millions de personnes l'adopte comme symbole fort d'une révolution en marche.


Le rêve de Shepard Fairey se réalise enfin : devenir un artiste populaire en diffusant ses oeuvres par le plus de moyens possibles. Une dynamique que l'on retrouve dans le street marketing dont Fairey est l'un des précurseurs. Avec la création de sa propre marque Obey Giant, l'artiste décline ses oeuvres sous différentes formes (print, vestimentaire etc) et fait souvent face à de vives critiques sur la dualité entre art de rue et fins consuméristes.
Une propagande qui fait couler beaucoup d'encre synonyme de bonne nouvelle pour Fairey qui, aujourd'hui, alors agé de 41 ans, ne fait seulement que débuter sa révolution pour un monde meilleur.

Découvrez en images le processus de création made in Fairey :



Et vous, avez-vous déjà pu croiser au détour d'une rue la propagande Obey ?

Mélanie G.

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