lundi 28 novembre 2011

De l'art sur mon smartphone, l'essort de la photographie mobile

Force est de reconnaître que l'émergence des smartphones ces dernières années a réellement changé nos habitudes de vie. Plus connectés, plus réactifs, il nous semble désormais normal d'avoir le web - et le monde - à portée de main. Nos agendas sont disponibles à tout moment, notre bibliothèque de musique est accessible d'un simple clic et nous avons des applications pour presque tout. Mais ce qui a sans doute le plus changé, c'est notre façon de prendre des photos. Prise de vue instantanée, ajout de filtres, retouche immédiate, la photographie sur smartphone, que l'on nomme aussi phonéographie, fait de plus en plus d'émules. De nombreux blogs sont consacrés à cette tendance, et les expositions qui s'organisent, notamment en Europe, contribuent à ériger la photographie mobile en art véritable.


Au départ, les capteurs photos des smartphones laissaient tellement à désirer que leur usage n'était qu'anecdotique. Mais avec les dernières évolutions technologiques, dont celles apportées à l'iphone, les téléphones mobiles sont devenus des appareils photo à part entière. Leur avantage ? Nous permettre de partager instantanément nos clichés. Des communautés se sont formées autour des applications star de la photo : Instagram, EyeEm ou encore Hipstamatic nous permettent d'appliquer des filtres aux accents très analogiques, et de les proposer à nos amis. Ces photographes 2.0 se retrouvent autour de blogs consacrés à la phonéographie, ou même à l'iphonéographie, réservée aux possesseurs d'iphone. Ils partagent, conseillent, donnent leur avis sur les diverses applications disponibles, organisent des expositions ou des concours...

Plus petits et plus discrets que les réflexes, polyvalents, silencieux et rapides, ils nous permettent de capturer le quotidien plus simplement et mettent nos modèles plus à l'aise. La photo diffusée engage le dialogue, et retrouve sa fonction de médium. Toujours à portée de main, ils ont également pris une dimension documentaire pour capter sur le vif des événements hors du commun. De nombreux clichés issus de la photographie mobile ont été utilisés par la presse pour illustrer les tremblements de terre au Japon ou encore les émeutes du Printemps arabe, même si cette immédiateté peut aussi se révéler néfaste et intrusive pour nos vies privées.


La photographie mobile gagne donc sa place dans l'actualité et dans l'art, et les professionnels de cette discipline ne s'y sont pas trompés. La foire de photographie contemporaine Révélation 5 qui s'est tenu ce mois-ci a fait la part belle à la phonéographie, le magazine spécialisé Compétence Photo y consacre une enquête très fournie, et, pour nos lecteurs parisiens, la photographe Nathalie Seroux expose ses photos prises à l'iphone jusqu'au 12 janvier 2012. Le marketing aussi commence à s'intéresser à cet art émergent. Pour exemple, Coca-Cola Belgium propose actuellement un concours de photographie mobile pour son exposition "Coca-Cola, 125 ans de design" qui se tiendra au Musée du Design de Gand.

Après la révolution du numérique, c'est donc un nouveau virage que prend la photographie avec la phonéographie, tout comme le cinéma qui propose déjà des festivals de films tournés sur des téléphones mobiles. Une tendance qui interroge l'essence même de l'art contemporain au XIXe siècle, et de son évolution vers les arts numériques.

Stéphanie M.

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