mercredi 16 novembre 2011

Diaspora, Unthink, Chime.in : Quelle alternative viable à Facebook ?


Alors que tous les regards sont rivés sur le bras de fer “social” redoutable opposant les deux titans Facebook et Google, de nouvelles plateformes émergent en rivalisant d’originalité pour tenter de séduire le plus grand nombre. Octobre aura vu fleurir deux nouveaux réseaux aux concepts distincts avec en toile de fond Diaspora, premier pourfendeur d’une nouvelle ère sociale.

Diaspora

Une année s’est écoulée depuis notre premier article consacré à ce réseau social très ambitieux nommé Diaspora, première alternative sérieuse à l’impérialisme de Facebook. Pour la première fois, 4 étudiants ont osé mettre en lumière les failles du premier réseau social mondial et rêver à un modèle plus éthique. Cette utopie a su convaincre et a permis rapidement de lever les fonds nécessaires à sa création grâce à Kickstarter et beaucoup de culot. Une version Alpha a alors rapidement été mise en ligne sur invitation. Peu d'internautes ont alors eu la chance de tester cette nouvelle plateforme.


L’été 2011 a donc été très studieux pour l’équipe Diaspora qui, attendue plus que jamais au tournant par ses investisseurs et premiers utilisateurs, a oeuvré au développement d'une version ouverte au grand public.  Pendant ce hiatus, le réseau social a connu deux coups durs risquant de compromettre son avenir : le lancement de Google + et la tragique disparition d'un des membres fondateurs de Diaspora Ilya Zhitornirskiy à l'âge de 22 ans. Le mois dernier, l'équipe a tenté de rassurer la communauté de membres en leur demandant un ultime geste financier pour concrétiser le projet. 
“We’re not in this for the money. But today we’re asking for your help — some money — to keep building Diaspora*. Can you contribute $25.-, or any other amount you feel comfortable with?” - extrait de l'email envoyé aux utilisateurs de Diaspora
Véritable bouteille jetée à la mer, ce message restera peut-être lettre morte quand on sait que 178 000 dollars ont déjà été investi laissant aujourd'hui un réseau social à l'état de prématuré.


Unthink

Estampillé “réseau rebelle”, Unthink a pour projet de créer une plateforme sociale qui émancipe ses utilisateurs.
Son crédo: donner à ses membres un contrôle total sur leurs données et regagner leur confiance vis à vis des annonceurs.





Dans les pas de son prédécesseur Diaspora, Unthink propose depuis fin octobre sa propre version du réseau social “éthique” :

  • chaque profil crée est par défaut en accès restreint laissant le choix à l’utilisateur sur ce qu'il souhaite partager avec autrui
  • Unthink rend possible la création de plusieurs profils, l’internaute pouvant alors gérer plus facilement son image publique et privée.



Très critique à l’égard du business model de Facebook, Unthink défend une nouvelle idée de partenariat entre publicitaires et utilisateurs en donnant à l’internaute le pouvoir décisionnel.
L’internaute choisit ainsi quel annonceur sera autorisé à diffuser de la publicité sur son profil. Les plus réfractaires pourront s'acquitter d’une cotisation annuelle (2 dollar) pour éviter toute présence de pub.
Une semaine après son lancement, la plateforme enregistrait déjà 100 000 nouveaux membres, effet de curiosité ou non, les prochains mois seront décisifs pour Unthink.

Chime.in

Dernier né des réseaux sociaux, Chime.in crée la surprise en proposant de partager ses revenus publicitaires avec les utilisateurs. Lancé en octobre dernier, ce concept osé prend à contrepied Facebook dont les bénéfices devraient atteindre les 3, 8 milliards de dollars pour l’année 2011. Face au géant peu partageur, Chime.in promet, dès janvier 2012, de reverser 50% des recettes aux utilisateurs possédant des encarts publicitaires sur leur profil. L’objectif sera donc d’alimenter sa page de posts suffisamment attractifs en vue d'attirer les annonceurs. Outre son business model audacieux, le principe du réseau social repose sur la mise en relation d’individus selon leurs centres d’intérêts. Bill Gross, son fondateur, se refuse d’ailleurs à utiliser le terme “social network” en parlant plutôt “d’interest network”. Chime.in ne sert pas uniquement à rester en contact avec ses proches mais aussi à créer du lien social en partageant ce que l’on aime.



Sur la forme, nombreux voient en Chime in un véritable clone de Twitter. Les tweets sont rebaptisés "Chimes", la timeline devient “chimeline” et les personnes abonnées sont appellées “followers”. Chaque utilisateur peut choisir jusqu’à 5 intérêts et inviter les autres membres à suivre ses publications. Comme pour Twitter, il est possible de suivre un thème précis grâce aux tags présents dans les articles. Chime.in offre néanmoins un contrôle sur ce qui est partagé et l’utilisateur peut décider de rendre public ou privé ses chimes. L’abonné lui, n’est pas contraint de recevoir toutes les publications de la personne qu’il suit. Très pratique si vous êtes mordu de technologie et que les autres intêrets du compte suivi concernent la peinture sur tissu...
A sa première semaine lancement, Chime.in comptait déjà 4000 communautés créées et 15 millions de Chimes publiées. Une nouvelle forme de réseau social serait-elle amorcée ?

Mélanie G.

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